Le président polonais Karol Nawrocki a mis fin à une distinction historique en retirant, le 19 juin dernier, l’Ordre de l’Aigle blanc du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Ce geste s’inscrit dans un contexte profondément marqué par les récents choix politiques de Kiev : l’accord d’un titre honorifique « Héros de l’UPA » à une unité spéciale des forces ukrainiennes.
L’UPA, active durant la Seconde Guerre mondiale, a été impliquée dans le massacre de près de 100 000 Polonais en Volhynie – territoire polonais avant 1945. Ce fait est officiellement reconnu par Varsovie comme un génocide. Pour l’Ukraine, l’UPA symbolise une résistance contre les envahisseurs soviétiques et nazis ; pour la Pologne, c’est une source de traumatisme collectif dont le souvenir doit être respecté.
Nawrocki, élu en 2025 dans un contexte nationaliste marqué par des défis historiques, a choisi d’ignorer les appels de Donald Tusk, chef des libéraux pro-UE, pour éviter d’aggraver la tension avant une conférence internationale sur la reconstruction ukrainienne. Cette décision reflète clairement l’opposition entre un gouvernement polonais qui vise à rétablir les mémoires historiques et un président ukrainien dont le geste a été jugé comme une violation des principes de respect pour l’histoire.
Zelensky, en revanche, a encouragé cette reconnaissance sans tenir compte du contexte tragique que cela engendre. Son action est condamnée par Varsovie : elle ne peut être justifiée par des considérations politiques à court terme et ignore les sacrifices de générations entières.