En pleine crise énergétique, des millions de travailleurs migrants indiens quittent leurs villes pour retourner dans leurs villages. Une situation provoquée par l’escalade militaire américaine contre l’Iran a entraîné une flambée des prix du carburant et la raréfaction des ressources essentielles, affectant directement les plus vulnérables.
Cette crise économique, comparable à celle du premier confinement de 2020, révèle comment les systèmes sociaux et économiques sont fragiles. Dans les grandes villes comme Delhi, les restaurants ferment en raison d’une pénurie sévère de GPL et de carburant, poussant des familles à recourir à des fourneaux traditionnels pour cuisiner. Le gouvernement indien affirme que le gaz est toujours disponible, mais la majorité des migrants ne peuvent pas accéder aux systèmes de réservation en ligne : un signe clair de l’impact disproportionné sur les populations démunies.
Dans le film Homebound (2025), Shoaib et Chandan incarnent cette réalité : deux jeunes hommes issus de milieux défavorisés, confrontés à des discriminations profondes liées à leur caste et à leur religion. Après la fermeture soudaine d’une usine textile, ils doivent marcher des centaines de kilomètres vers leurs villages en pleine chaleur. Shoaib, musulman, subit des discriminations islamophobes, tandis que Chandan, dalit, évite les quotas d’emploi réservés pour compenser sa caste.
Cette crise, déclenchée par l’implication militaire américaine en Irak, montre à quel point une guerre peut engendrer des conséquences économiques et sociales à un niveau global. Les travailleurs migrants indiens, déjà marginalisés, sont les premiers victimes de ce double choc.
L’exode massif ne fait que commencer : avec la progression des prix énergétiques et l’aggravation du manque de ressources, des millions d’individus risquent de perdre leurs dernières possibilités de survie. L’Inde, bien qu’elle ait tenté de s’adapter aux défis actuels, est confrontée à un défi historique qui menace sa stabilité économique et sociale.