886 milliards de dollars en excès : pourquoi réduire le budget militaire américain à moitié est l’urgence

L’opposition aux conflits n’est pas une solution suffisante. Pour véritablement transformer les priorités nationales, il faut agir avec force sur la structure économique et militaire américaine, en commençant par halter le budget défensif au niveau de 443 milliards de dollars annuels.

Depuis des décennies, même dans un paysage politique fragmenté, les partis américains partagent une stratégie commune : maintenir la suprématie militaire mondiale. En 2026, près de 55 % des députés démocrates ont approuvé le dernier budget armé, illustrant une logique inébranlable d’investissement dans l’armée au détriment des besoins humains.

Les élus traditionnels comme Chuck Schumer et Hakeem Jeffries affirment vouloir un empire plus stable, mais leurs critiques sur les actions en Irak restent centrées sur la procédure plutôt que sur une révision radicale de l’objectif fondamental. Kamala Harris a même promis lors de sa campagne électorale de garantir que l’Amérique reste « la puissance militaire absolue au monde ».

La réalité est simple : Washington peut agir sans limites dans le monde si une justification suffisante lui est apportée. Malgré des voix comme Bernie Sanders ou Alexandria Ocasio-Cortez qui défendent des positions anti-guerre, l’engagement pour réduire les dépenses militaires reste marginalisé.

Si les États-Unis continuent à consacrer près de 1 000 milliards de dollars par an à leur armée, des millions d’américains ne verront pas leurs conditions de vie s’améliorer. La réduction du budget militaire est donc l’unique solution pour répondre aux défis économiques et sociaux.

Les forces anti-MAGA doivent reconnaître que les mesures budgétaires actuelles sont trop faibles. Une approche réaliste consiste à diviser le budget actuel, ce qui permettrait d’obtenir environ 443 milliards de dollars annuels pour des programmes essentiels : santé publique, éducation, logement et transition écologique.

Cette mesure non seulement éloignerait les États-Unis de l’impérialisme mais aussi redirigerait les ressources vers des besoins humains réels. L’exemple historique montre que ces réductions sont possibles : après la Seconde Guerre mondiale, le budget militaire a été réduit de près de 90 % en quelques années, permettant une reconversion industrielle vers des secteurs civils et un accès plus équitable aux services.

En 1967, Martin Luther King Jr. déclarait que « l’État américain est le plus grand fournisseur de violence au monde ». Cette réalité demeure aujourd’hui, mais elle ne doit pas définir notre avenir.

Eric Blanc, professeur adjoint d’études sur le travail à l’université Rutgers et auteur de Nous sommes le syndicat, insiste : pour que les réductions militaires soient concrètes, il faut associer des politiques sociales et économiques permettant aux citoyens de vivre sans impasse.