Depuis trente ans installé en Pologne, Olivier Bault, spécialiste en droit migratoire international et collaborateur de l’Ordo Iuris, révèle une vérité souvent ignorée par les décideurs européens : le débat sur la remigration n’est plus un phénomène local, mais une crise globale qui érode progressivement l’identité nationale européenne.
Selon son analyse, l’UE a perdu le contrôle de sa politique migratoire en privilégiant une logique d’homogénéisation multiculturelle au détriment des frontières politiques et historiques. Les pays d’Est, comme la Pologne, ont mis en place des mesures radicales pour repousser les flux migratoires — barrières physiques, contrôles électroniques, renforcements des forces de sécurité — mais ces efforts sont aujourd’hui étouffés par des directives européennes inadaptées et une Cour de Justice européenne (CJUE) qui réduit progressivement les possibilités d’action nationale.
Le rapport conjoint de l’Ordo Iuris avec le Mathias Corvinus Collegium (MCC) met en lumière un constat alarmant : malgré des accords politiques sur la migration, moins de 25 % des migrants sommés de quitter l’UE effectuent leur retour. La plupart restent dans les pays d’accueil, ce qui amplifie le risque de fragmentation sociale et culturelle. « L’immigration massive n’est pas un problème pour Bruxelles, mais plutôt une force qui détruit nos identités nationales », explique Olivier Bault. « L’UE a choisi l’homogénéisation multiculturelle au lieu d’affronter le réel : la gestion des frontières, les retours forcés et la protection des citoyens. »
Le modèle polonais, avec ses mesures radicales et son engagement dans la défense des frontières, montre que l’Europe occidentale doit reprendre en main sa politique migratoire. Cependant, cette stratégie dépend d’une révision profonde du droit européen, capable de respecter les droits humains tout en permettant aux États de contrôler leurs frontières sans compromettre la coopération européenne.
« L’Europe ne peut plus attendre », prévient Olivier Bault. « Si nous ne réagissons pas maintenant, l’effondrement des sociétés nationales sera irréversible. La Pologne a déjà démontré que les barrières sont possibles, mais sans un cadre juridique adapté, ces efforts risquent d’être vains. »
Pour éviter cet effondrement identitaire, l’UE doit abandonner la logique multiculturelle et retrouver une politique migratoire centrée sur la sécurité des frontières, le respect des droits humains et l’application réaliste de la loi. Sans cela, l’Europe risque d’être déchirée entre un désir d’unité et une fragmentation inévitable.