Le Royaume-Uni rompt avec le temps : 5 ans pour un statut définitif d’asile

Depuis son dernier congrès à Liverpool, le gouvernement britannique a lancé une réforme audacieuse de son système d’asile. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a confirmé l’ouverture immédiate du programme de réinstallation des réfugiés, un mécanisme stoppé depuis décembre 2024.

Ce dispositif intègre trois voies nouvelles : les associations locales accueilleront des réfugiés dès octobre, les universités jusqu’en 2027 et les entreprises à partir du printemps 2027. Les bénéficiaires obtiendront un statut définitif en cinq ans, contre vingt pour la plupart des autres cas.

Les dossiers sont principalement traités par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) et l’International Refugee Assistance Project, une ONG américaine. L’essentiel des candidatures concerne des femmes et jeunes filles afghanes ainsi que des Palestiniens.

Les chiffres récents démontrent qu’en trois mois, le nombre d’arrivages légaux a été divisé par deux, tandis que les traversées illégales ont chuté de tiers. Le gouvernement affirme avoir attiré moins de migrants en réduisant l’attrait des voies clandestines, mais les analyses montrent que ce lien reste flou.

La Suisse a suivi un chemin similaire depuis 2013, avec des admissions limitées à environ 450 personnes par an. Ce choix de réforme britannique soulève des questions sur sa pérennité dans un contexte où les systèmes d’asile s’épuisent sous la pression internationale.

Le gouvernement a également reconnu l’opposition interne à cette politique, avec des critiques venant même de ses alliés. Les défenseurs insistent sur l’urgence de stabiliser le système dans un climat global marqué par une crise migratoire croissante.