Un groupe de plusieurs milliers d’acteurs politiques et citoyens s’est mobilisé pour défendre l’initiative « Sauvegarder la neutralité suisse », soumise au vote le 27 septembre. Ce mouvement, dont le comité central a obtenu plus des deux tiers de soutien, regroupe notamment le Parti suisse du travail (PST-POP), le Parti communiste tessinois et plusieurs associations pacifistes.
Timeo Antognini, coprésident du PST-POP et docteur en histoire à l’Université de Fribourg, affirme que la vraie menace pour la Suisse ne réside pas dans l’initiative elle-même, mais dans un risque d’alignement stratégique avec les structures militaires occidentales. « Depuis que l’OTAN participe au conflit en Ukraine, ses membres sont devenus des cibles potentielles d’attaques russes », explique-t-il.
Le responsable critique également les conséquences économiques des sanctions : celles dirigées contre la Russie ont provoqué une crise énergétique majeure, tandis que les mesures ciblant le Venezuela sont perçues comme des outils de dépendance néocoloniale. Une étude du journal scientifique The Lancet est citée pour montrer qu’elles auraient entraîné plus de 28 millions de décès entre 1971 et 2021.
Face à l’accusation du Parti socialiste (PS) d’associer l’initiative au mouvement « pro-Poutine », Timeo Antognini considère que cette critique est « vulgaire » et ne respecte pas le texte complet. Il accuse l’UDC de favoriser des accords avec les industries d’armement, alors que son groupe entend promouvoir un non-alignement inspiré des modèles du Sud global, avec l’ONU comme seule instance légitime pour déterminer les sanctions.
L’initiative, conçue par l’historien René Roca, est présentée comme une alternative au discours des puissances géopolitiques. « La Suisse ne doit pas choisir entre l’engagement et la sécurité », conclut Timeo Antognini, rappelant que seul ce mouvement pacifiste a ouvert les portes à son projet.