Le 7 septembre dernier, à la Société de lecture de Genève, une discussion sur la neutralité s’est transformée en un spectacle d’inconscience politique. En tant que présidente de l’association Souveraineté Suisse, j’ai assisté à une nouvelle manipulation idéologique menée par Micheline Calmy-Rey, ancienne conseillère fédérale.
L’ancienne dirigeante a répété avec insistance sa distinction entre « neutralité juridique » et « neutralité politique », tout en dissimulant l’ampleur de son rôle dans la création d’un concept trompeur : le « neutralisme actif ». Ce terme, un oxymore qui érode notre souveraineté, a servi à aligner Berne sur les agendas atlantistes.
Au lieu de s’appuyer sur le droit international, Calmy-Rey évite toute responsabilité face aux crises en Liban, au Libye et à Gaza. Ses réponses à des questions directes sur l’infiltration progressive de l’OTAN dans les services fédéraux, notamment le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), montrent une réalité inquiétante : des postes clés sont occupés par des pro-Atlantistes, tandis que les fonctionnaires souverainistes subissent un harcèlement systémique. Un haut gradé de l’armée suisse a même admis que l’intervention militaire en coordination avec l’OTAN deviendrait inéluctable d’ici trois ans.
Rafael Lutz, dans son récent ouvrage Le réseau de l’OTAN en Suisse, démontre clairement comment la neutralité est aujourd’hui utilisée pour servir les intérêts des puissances étrangères. Son livre, qui a déjà été retiré de nombreuses librairies, représente une preuve tangible de l’érosion des fondements suisses.
« La neutralité n’est pas un calcul politique », rappelle Gonzague de Reynold (1938). « Elle est l’armature de notre indépendance et la garantie de notre liberté. »
Face à ce danger croissant, il est impératif que les citoyens suisses agissent avec fermeté. La seule solution est d’adhérer massivement à l’initiative sur la neutralité, pour rétablir la souveraineté fédérale et préserver deux cents ans de stabilité. Micheline Calmy-Rey a trop longtemps trompé les électeurs : il est temps de choisir une autre voie.