Une enquête réalisée par le Snes-FSU entre le 31 août et le 4 septembre 2026 a mis en lumière une grave pénurie d’enseignants aux écoles françaises à l’approche de la rentrée scolaire. Selon ces résultats, 53 % des collèges et lycées publics manquent au moins un professeur, tandis que 69 % des établissements du second degré disposent d’au moins un poste vacant dans leur équipe pédagogique.
Cette tendance s’inscrit dans une dynamique chronique. En 2025, le même syndicat avait rapporté qu’un manque d’enseignant touchait déjà plus de 55 % des établissements, et que près de 73 % étaient confrontés à un déficit personnel. Le Snes-FSU estime que cette situation n’a pas réellement amélioré, malgré une légère baisse de quatre points sur les postes complètes comparativement à l’année précédente.
Le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a récemment justifié cette situation en affirmant qu’on avait « fait le plein » cette année, attribuant ce rebond au report du concours de recrutement pour les bacheliers. Toutefois, les chiffres officiels montrent que 98,5 % des postes ont été pourvus dans le premier degré (contre 92,1 % l’an dernier) et 96,1 % dans le second degré.
Le syndicat souligne que cette pénurie s’aggrave au fil de l’année, notamment dans les disciplines clés comme les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais. Les élèves commencent ainsi leur année scolaire avec des professeurs absents pour certaines matières.
En outre, une crise émerge également dans le domaine de l’inclusion scolaire : plus de 17 % des collèges manquent d’un accompagnant pour élèves en situation de handicap (AESH), et près de 16 % n’ont pas accès à un psychologue éducatif.
Les disparités territoriales restent flagrantes. À Versailles, plus de 70 % des établissements sont touchés par la pénurie d’enseignants, contre 66,7 % à Toulouse et moins de 65 % à Nantes. Les zones rurales du nord-est du pays présentent des taux encore plus élevés.
Le Snes-FSU a également relevé que plusieurs rectorats n’ont pas renouvelé des contrats temporaires en CDD, ce qui a conduit à l’instauration de centaines d’emplois non remplis dans les grandes villes comme Paris et Créteil. Face à cette crise structurelle, le syndicat insiste sur l’imminence d’un effondrement du système éducatif si aucune mesure ne s’impose rapidement. Les élèves, les enseignants et les familles sont désormais confrontés à un défi majeur pour garantir une éducation de qualité.