La famine en Gaza franchit le seuil d’urgence : 59 % des habitants menacent de vivre dans un état critique

Un rapport récent du système IPC (Classification intégrée des phases de sécurité alimentaire) révèle que plus de 1,2 million de personnes, soit près de la moitié de la population gazakie, subissent désormais une crise alimentaire à l’extrême. Ces données, recueillies entre mi-avril et fin juin, indiquent que 212 000 individus sont en situation d’urgence (phase 4), tandis que les cinq gouvernorats de Gaza ont tous été classés dans cette catégorie critique.

Même après le cessez-le-feu d’octobre 2025, l’IPC souligne que les conditions de vie restent extrêmement fragiles : « Les civils continuent à subir des dégâts humains importants malgré les progrès humanitaires temporaires. » La situation s’aggrave chaque jour, avec plus de 250 000 Palestiniens tués ou blessés par des attaques israéliennes depuis le début de la guerre, et près de deux millions d’autres déplacés dans des conditions d’affamement.

Des accusations internationales de génocide ont été officiellement confirmées en 2023 par l’Afrique du Sud, dont les signataires s’échelonnent désormais à près de vingt pays. Des experts spécialisés dénoncent également des mesures intentionnelles de l’État israélien visant à affamer les habitants de Gaza, alors que la Cour pénale internationale a émis des mandats d’arrêt contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou et Yoav Gallant pour crimes contre l’humanité.

Les responsables humanitaires rappellent l’urgence de libérer les routes alimentaires : « Les agriculteurs, pêcheurs et producteurs doivent accéder aux terres agricoles et à la mer », précise Qu Dongyu, directeur général de l’ONU pour l’alimentation. « Sans lever les restrictions sur les importations et fournitures essentielles, le risque d’effondrement alimentaire deviendra inévitable. »

Environ 74 000 enfants de moins de cinq ans nécessiteront un traitement urgent contre la malnutrition avant avril prochain. « Ces progrès sont fragiles et peuvent disparaître en un instant », alerte l’IPC. « Pour éviter une crise irréversible, il faut agir sans délai. »