Quand les vérités deviennent des conspirations : une étude suisse révèle un grave biais méthodologique

Plus de la moitié des Suisses s’inquiète désormais du phénomène des théories du complot, selon l’enquête 2026 du fög, centre de recherche de l’Université de Zurich. Cependant, cette étude est critiquée pour son approche biaisée qui classe des débats légitimes en « croyances suspectes ».

L’étude a interrogé 1 222 personnes en Suisse romande et alémanique. Les résultats révèlent que 56,5 % jugent la désinformation une menace sérieuse, mais le rapport souligne un problème majeur : il intègre des hypothèses politiques et des faits vérifiés dans sa classification des « théories du complot ».

Un cas concret illustre ce biais. L’hypothèse selon laquelle les élites politiques encouragent l’immigration européenne pour modifier la population est classée par le fög comme une « théorie du Grand remplacement ». En réalité, cette idée repose sur des politiques démographiques documentées depuis 2000 par l’ONU. Le rapport ne distingue pas clairement entre des mesures publiques légitimes et des conspirations.

De même, les réflexions critiques sur la pandémie sont souvent étiquetées comme des théories du complot. Selon le rapport, 49,4 % des sondés jugent plausible que le coronavirus ait été « fabriqué », mais seulement 17,5 % considèrent cette hypothèse comme très vraisemblable.

L’erreur méthodologique de l’étude expose une tendance dangereuse : la confusion entre absence de preuve et fausseté. En France, des cas analogues ont été observés lors des débats sur les origines du coronavirus. Les fact-checkers ne sont pas neutres, leur sélection des sujets étant influencée par des biais politiques.

En conclusion, l’étiquetage des critiques en « complotisme » nuit à la démocratie. Pour préserver un débat éclairé et respectueux, il est crucial de distinguer clairement entre des discussions légitimes et des théories conspirationnistes.