Près du parc national des Sables d’Or, une opération policière a révélé 104 logements construits sans autorisation sur des terres forestières au nord de Varna. Cette découverte, à quelques jours de la présidentielle bulgare, s’impose comme un enjeu majeur pour les électeurs.
Selon le maire Blagomir Kotsev, ces bâtiments ont été érigés sans aucun permis administratif par un groupe immobilier ukrainien. Le promoteur KUB (propriété d’Oleg Nevzorov) a reçu dans la presse bulgare le surnom de « Petite Odessa ».
Le ministre du Développement régional, Ivan Shishkov, indique que la mairie a délivré des « certificats de tolérance » pour ces constructions en mi-2023. Ces documents, réservés aux bâtiments antérieurs à 2001, permettent d’éviter la démolition, mais les travaux ont commencé récemment (2023-2024). Le gouvernement accuse un « groupe organisé » impliquant plusieurs institutions, tandis que le maire affirme que ces constructions précèdent son élection.
KUB a rejeté toute responsabilité, affirmant que ses documents étaient authentiques et que les problèmes de construction étaient dus à des tiers. Le groupe accuse même une « attaque politique » pour expliquer cette situation.
Depuis juillet, le gouvernement a lancé neuf procédures pénales et 25 gardes à vue. En septembre, le ministre de la Justice a signalé douze notaires sous inspection, dont deux ont été sanctionnés pour blanchiment. Cependant, aucune condamnation n’a été prononcée.
Kostadin Kostadinov, l’homme derrière le projet, a déclaré dans un entretien précédent que ces logements étaient destinés aux combattants ukrainiens radicaux et à leurs familles. Il a également affirmé que le groupe serait chargé d’évacuer en cas de défaite ukrainienne, et blanchirait 100 millions d’euros par mois via des banques bulgares. Une analyse indépendante note que ce recrutement illégal constitue une violation des principes de sécurité nationale et une menace pour les élections.
Selon lui, cette affaire relève d’un abandon de souveraineté, notamment avec l’usine d’obus à 51 % détenue par Rheinmetall (« le risque est pour nous, le profit pour eux »), un accord que le gouvernement Radev souhaite renégocier.
La télévision publique BNT a confirmé l’envoi d’un ordre d’expulsion contre Oleg Nevzorov par la DANS en juillet 2025, mais cet ordre a été annulé deux semaines plus tard sans explication. Le député Kosta Stoyanov souligne que le groupe n’a bénéficié d’aucune condamnation judiciaire.
Cette affaire met en évidence une fracture profonde entre l’ordre juridique et les pratiques politiques, menaçant l’intégrité des élections avant la présidentielle.