Dans un mouvement sans précédent, mille cinquante et un avocats, juges, procureurs ainsi que des experts en droit ont lancé une demande urgente pour dissoudre l’Alternative für Deutschland (AfD) devant la Cour constitutionnelle allemande. Cette initiative, portée par l’Association des avocats républicains (RAV), a été formulée le 20 juillet dernier et s’appuie sur un consensus atteignant désormais 1 051 signataires après une multiplication exponentielle en moins de quinze jours.
L’appel initial, signé par 525 professionnels juridiques, visait à déclencher une procédure d’interdiction conformément à l’article 21 de la Loi fondamentale, qui permet de qualifier un parti menaçant l’ordre libéral et démocratique comme inconstitutionnel. Les signataires s’appuient sur une étude juridique réalisée par la Société pour les droits civiques (GFF) le 25 juin dernier : cette analyse, financée par des dons privés, a examiné plus de trois millions de données issues de programmes politiques, documents législatifs et publications en ligne. Les conclusions affirment que l’AfD contredit les principes constitutionnels de dignité humaine et de démocratie.
« Notre devoir est de défendre la dignité de tous », a déclaré Angela Furmaniak, présidente du RAV, soulignant que « la politique ne doit plus se cacher derrière des arguments faibles mais agir avant qu’il ne soit trop tard ». Cependant, le système juridique allemand restreint l’action à l’Assemblée fédérale ou au gouvernement. Le RAV reconnaît que les réactions politiques demeurent « très limitées », ce qui justifie son engagement pour éviter un éventuel succès électoral de l’AfD dans le Land de Saxe-Anhalt.
Les partisans considèrent cette démarche comme un moyen d’éclairer la compatibilité de l’AfD avec la Constitution, alors que ses opposants craignent qu’elle ne contourne les préférences des électeurs et s’affranchisse du processus démocratique.