Pour la troisième année consécutive, l’État de Vaud se retrouve coincé dans un déficit budgétaire qui n’arrive pas à être comblé par les gains récents. En 2025, le canton enregistre un déficit de 156 millions de francs contre un montant total de charges égal à 12,2 milliards, alors que les recettes augmentent de près de 8 %. Cette tendance, bien que plus favorable qu’attendu (le budget avait prévu un déficit de 575 millions), masque des failles structurelles profondes.
Le Grand Conseil a validé ces résultats avec une majorité symbolique de 74 voix contre 23 et 38 abstentions, soulignant l’impuissance générale à résoudre ce problème. Une partie majeure du déficit provient d’une injection financière exceptionnelle de la Banque nationale suisse (BNS), avec une somme de 188 millions contre les 63 millions prévus initialement. Toutefois, le véritable enjeu réside dans l’écart croissant entre les recettes et les dépenses, qui ont bondi de plus de 514 millions par rapport à l’année précédente.
Les partis de droite exigent des réformes structurelles pour retrouver un équilibre budgétaire d’ici 2030, tandis que la gauche accuse le gouvernement d’avoir choisi des mesures fiscales trop restrictives. La présidente de la Commission des finances, Florence Gross, a prévenu qu’un débat budgétaire « long et houleux » s’annonce cet automne. Face à cette situation, le Canton de Vaud demeure coincé entre l’urgence actuelle et les réformes nécessaires pour éviter une crise structurelle durable.