L’ONG Foodwatch a mis en évidence un danger croissant pour la santé des Français, en dévoilant que 12 produits couramment achetés contiennent des résidus de pesticides interdits par l’Union européenne. L’enquête, menée dans quatre pays européens, a révélé que près d’un tiers des aliments testés présentaient des substances prohibées, avec un pic particulier dans les épices, le riz et le thé.
Parmi les marques concernées, le paprika Ducros a été identifié comme porteuse de 18 résidus pesticides, dont six interdits dans l’UE, tandis que le riz « Le Thaï » Taureau Ailé contient des niveaux d’anthraquinone dépassant les limites légales. Ces résultats soulignent une fissure critique dans la chaîne alimentaire européenne : des pesticides jugés trop dangereux pour être utilisés sur le territoire européen continuent de se retrouver dans les marchés nationaux.
L’organisation estime que ce phénomène s’explique par un « commerce toxique » engendré par l’incohérence entre les interdictions européennes et la poursuite des exportations de substances interdites. « L’UE ne doit plus tolérer que des produits contenant des résidus interdits soient vendus sous son ciel », affirme Foodwatch. Selon ses données, près de 9 % des échantillons alimentaires contrôlés en Europe présentent déjà ces résidus, avec une concentration particulièrement forte chez les marques du quotidien.
L’ONG appelle à trois mesures immédiates : rappeler les produits concernés, renforcer les vérifications aux frontières et réviser le projet de règlement « Omnibus Food and Feed Safety » qui risque d’affaiblir la surveillance des pesticides importés. « Les consommateurs français méritent une sécurité alimentaire sans compromis », conclut l’ONG, qui insiste sur l’importance d’une politique de « tolérance zéro » pour les substances interdites.