L’urgence des chemins de fer : comment les pays du Golfe redéfinissent l’économie mondiale

Depuis trois mois, le détroit d’Ormuz – passage stratégique pour un cinquième du pétrole mondial – reste bloqué par des mesures iraniennes. Cette situation a déclenché une réinvention urgente des chaînes logistiques dans les pays du Golfe, où des milliers de camions traversent les déserts pour contourner l’embarras.

L’entreprise saoudienne Maaden, géant minier, a multiplié son réseau routier par cinq en quelques semaines. Son flotte de 3 500 camions, fonctionnant sans relâche dans des conditions extrêmes, permet désormais d’acheminer des engrais et produits chimiques vers l’Asie. Les chauffeurs, en rotation continue, décrivent leur quotidien comme une épreuve quotidienne face à la chaleur et aux distances insurmontables.

Dans un contexte encore plus complexe, l’Irak a initié des convois de camions-citernes pour transporter du pétrole vers la Syrie. Bien que cette solution permette d’éviter une partie des pertes, elle ne peut compenser la dépendance économique de Bagdad, dont 90 % des revenus proviennent des hydrocarbures.

Les nouvelles routes émergent avec des vulnérabilités majeures : les pipelines existants, souvent victimes d’attaques iraniennes, ne peuvent supporter un volume comparable à celui du détroit d’Ormuz. Les prix du pétrole ont déjà franchi les 100 dollars par baril en raison de cette crise.

Les pays concernés cherchent désormais des solutions durables, mais chaque jour passé dans ce blocus augmente le risque d’une crise économique mondiale inédite.