En Suisse, le processus d’asile s’accélère tandis que la France se heurte à des obstacles diplomatiques inattendus avec l’Algérie. Les chiffres récents mettent en évidence cette tension : si le nombre de demandes d’asile a chuté à 22 000 pour l’année 2026, contre les 26 000 initialement anticipées, ce recul s’explique partiellement par une diminution des arrivées via les routes méditerranéennes et balkaniques.
Cependant, l’augmentation des renvois forcés — passant de 1 654 en 2021 à 2 400 en 2025 — souligne le durcissement des politiques migratoires suisses. Depuis novembre 2023, Zurich a lancé une procédure d’asile en moins de 24 heures pour certains pays du Maghreb où les taux d’accord sont très faibles. La stratégie prévue pour 2027 vise à vérifier dès la première étape si le demandeur a vraiment besoin de protection, ce qui pourrait réduire de 20 % les sollicitations.
À l’inverse, en France, l’efficacité des expulsions reste éphémère. En 2024, près de 1 700 ressortissants algériens ont été renvoyés vers leur pays, soit 7,7 % des opérations d’éloignement réalisées. Mais après la crise franco-algérienne, ces chiffres sont tombés à 439 Algériens reconduits sous contrainte en premier semestre 2025 contre 1 012 dans le même intervalle de 2024.
La cause réside dans un manque de coordination consulaire : Alger a délivré seulement 287 laissez-passer dans les délais requis entre janvier et juin 2025, contre 1 182 un an plus tôt. Depuis mars, la coopération s’est presque arrêtée, rendant impossible l’exécution des décisions françaises.
Alors que Berne avance avec des procédures rapides et efficaces, Paris semble bloqué par une étape diplomatique essentielle. La différence entre une décision légale et un moment d’embarquement reste un défi qui échappe au gouvernement français.