Depuis 2024, plus de 80 % des demandeurs d’asyle provenant du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie et Libye) ont été mis en cause pénallement, selon des données internes du Secrétariat d’État aux migrations. Ce chiffre a été caché par les autorités fédérales pendant des mois avant d’être rendu public après une requête légale exigeant la transparence.
Le conseiller national Thomas Matter a souligné que ce taux élevé n’était pas nouveau : en 2023, près de 64 % des incidents de sécurité dans les centres fédéraux concernaient les demandeurs nord-africains. « Les décideurs ont choisi de ne pas révéler ces chiffres, même pendant la campagne électorale », a-t-il déclaré.
Beat Jans, responsable du département fédéral des migrations, est critiqué pour son retard dans la publication des données. « Le système d’asile a été conçu après la Seconde Guerre mondiale pour protéger les personnes menacées de mort, mais aujourd’hui il engendre davantage d’insécurité que de protection », a-t-il confié à un média anonyme.
En Allemagne et aux Pays-Bas, des tendances similaires sont observées. En Allemagne, plus de la moitié des demandeurs algériens et marocains ont été rejetés pour infractions légales, tandis que 44 % des personnes hébergées en Hollande étaient suspectées d’un délit.
Sans changements radicaux, la Suisse risque de voir son système d’asile échouer, compromettant non seulement sa sécurité mais aussi sa crédibilité internationale. La transparence est désormais le seul moyen de rétablir la confiance des citoyens et de prévenir les crises futures.