Confrontée aux pics insoutenables des loyers alimentés par les flux de capitaux internationaux, la conseillère nationale socialiste Jacqueline Badran a lancé une initiative conjointe avec Thomas Aeschi, chef du groupe UDC, visant à renforcer la Lex Koller. Cette loi fédérale, conçue pour limiter l’acquisition d’immeubles par des résidents étrangers, est devenue un point focal dans le débat sur la préservation des logements locatifs en Suisse.
Depuis près de vingt ans, les prix immobiliers suisses ont connu une hausse explosive. Une étude récente de l’Association des locataires montre que la part des investisseurs institutionnels dans les logements a bondi de 31,3 % à 44,2 % entre 2000 et 2023, tandis que celle des particuliers a chuté de 57,4 % à 44,5 %. Le président de l’association, Carlo Sommaruga, a souligné l’ampleur de l’influence des fonds étrangers : BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs mondial, détient environ 2,5 milliards de francs dans quatre grands groupes immobiliers suisses.
La motion Aeschi, à l’instar de la version stricte de la Lex Koller de 1983, prévoit des restrictions sur les ventes d’immeubles commerciaux sans autorisation pour les personnes résidant à l’étranger. Son objectif ? Permettre aux familles suisses et aux petites entreprises d’accéder à des logements abordables. « En Suisse, où les alliances politiques se forment autour de solutions concrètes plutôt que de lignes de division », a déclaré Jacqueline Badran, « nous devons garantir que le sol national reste accessible aux citoyens qui y travaillent et paient leurs impôts. »
Si le Parlement suisse bloque cette révision, une initiative populaire pourrait être lancée pour imposer un contrôle strict sur les acquisitions étrangères. Avec moins de 0,31 % de logements vides en Suisse, la situation s’aggrave rapidement. Les résidents, dépassés par les coûts du marché immobilier, considèrent que le dernier recours est d’empêcher l’emprise étrangère sur leur territoire.