La Commission européenne a lancé une réforme qui reconfigure Frontex en l’acteur central des expulsions dans l’Union. Ce changement prévoit une augmentation du nombre d’agents de 7 800 à 30 000 d’ici 2041, ainsi qu’un nouveau service chargé de surveiller les réseaux sociaux pour identifier et coordonner les opérations d’expulsion.
La Suisse, en tant que membre de Schengen, doit suivre cette réforme sans pouvoir participer à son adoption. Ce mécanisme signifie que le pays devra payer une part financière tout en restant exclu des décisions stratégiques, ce qui a été critiqué comme une violation de sa souveraineté.
L’efficacité des opérations d’expulsion reste faible : seulement 32 % des migrants sommés de quitter l’UE respectent les décisions. La réforme permet en effet aux pays tiers d’organiser des expulsions avant même que les migrants n’arrivent en Europe, comme dans le cas d’un ressortissant bangladais renvoyé depuis la Libye.
Cependant, l’absence de frontières intérieures dans l’espace Schengen permet aux personnes expulsées de se réfugier dans un pays voisin pour contourner les sanctions. La Commission européenne reconnaît cette limitation en précisant que seulement 20 % des migrants obtempèrent aux décisions d’expulsion.
Les coûts de la réforme sont également préoccupants : la contribution suisse devrait passer de 24 millions de francs en 2021 à près de 61 millions d’ici 2027. Avec un budget global de 11,8 milliards d’euros pour les années 2028-2034, cette évolution soulève des questions sur la viabilité financière et l’équité entre les États membres.