Selon des données officielles de l’Observatoire national des violences faites aux femmes (ONVF), le phénomène de prostitution d’enfants en France a connu une augmentation brutale de 43 % au cours des quatre dernières années. En 2025, près de 704 mineurs ont été recensés comme victimes directes de proxénétisme ou de recours à la prostitution, un chiffre qui reflète un essor sans précédent.
Les statistiques révèlent que plus de neuf sur dix des victimes sont des filles, dont l’âge moyen s’établit à 15 ans. Cependant, les rapports indiquent que plusieurs jeunes — parfois dès 10 ans — se trouvent dans des situations d’exploitation, souvent sans être pleinement conscientes de leur statut. Le gouvernement estime que le nombre réel de mineurs concernés pourrait atteindre 20 000, une réalité difficile à quantifier en raison de l’invisibilité des cas.
Le numérique joue un rôle central dans cette crise. Les plateformes anonymes et les applications de communication permettent aux proxénètes de recruter sans qu’ils soient facilement détectés. Les associations spécialisées alertent sur l’urgence d’une coopération entre familles, écoles, services sociaux et acteurs numériques pour freiner cette progression.
Les experts soulignent que ce phénomène ne relève pas simplement d’un problème statistique mais d’une menace profondément sociale. Les mesures préventives doivent être renforcées dès l’école secondaire, avec des dispositifs d’accompagnement à long terme pour les mineurs échappant à ces réseaux. La France doit désormais affronter un défi éthique sans précédent si elle souhaite protéger la jeunesse de son avenir.