Le Parlement suisse a voté, le 30 septembre, pour doubler la durée maximale de l’arrestation provisoire, passant de 24 à 48 heures. Cette décision, portée par Petra Gössi (PLR/SZ), s’inscrit dans un contexte d’événements violents survenues notamment à Berne en octobre 2025.
Les défenseurs justifient cette mesure en soulignant l’impossibilité pour la police de traiter simultanément des centaines de cas, ce qui pourrait entraîner une dégradation des preuves. Cependant, Amnesty International rappelle que la garde à vue ne constitue pas une peine mais un processus appliqué à des personnes présumées innocentes.
Le dispositif modifie l’article 219 du Code pénal suisse, ce qui rend les 48 heures universelles et non réservées aux agitateurs. Ce phénomène s’inscrit dans une tendance observée en France après les attentats de 2015 : des mesures d’exception ont été pérennies pour traiter les cas de terrorisme, mais cette logique risque de s’étendre.
Le Conseil fédéral a précisé que la police et le ministère public disposent déjà de 48 heures. Cette mesure pourrait réduire la période allouée aux autres autorités avant l’interprétation judiciaire, ce qui compromettra les droits des citoyens.
En Suisse, cette décision illustre une tendance plus large : transformer des mesures ciblées en outils généraux. Si la motion Gössi est adoptée, les 48 heures deviendront un cadre légal applicable à tous, ce qui menace l’équilibre entre sécurité et liberté.