En pleine réévaluation des engagements stratégiques, Benedikt Roos, chef de l’armée suisse, a affirmé vendredi à Lockheed Martin que la commande initiale de trente F-35 ne répond pas aux exigences défensives du pays. Son énoncé, réalisé directement dans les usines américaines, souligne une tension croissante entre les objectifs militaires et l’incertitude sur les coûts réels d’acquisition.
Initialement prévus à 36 appareils pour un montant fixe de six milliards de francs suisses en 2020, les F-35 ont été révisés après des négociations complexes avec Washington. Le Parlement a approuvé une augmentation de trois cent quarante-quatre millions d’euros afin d’obtenir au moins trente avions, mais le chef de l’armée insiste sur la nécessité d’un nombre plus élevé pour garantir la capacité opérationnelle à long terme.
Des rapports internes du département de la défense révèlent que les F-35 américains, en pleine mise à jour logistique, affichent un taux d’opérationnel inférieur à 40 %. L’agence des comptes fédérales américain indique que près de 60 % des appareils ne peuvent remplir une mission complète, ce qui met en danger l’efficacité des unités suisses.
Le gouvernement a également reconnu que les coûts d’exploitation restent inconnus et que les délais de livraison s’étendent jusqu’en 2030. « Lorsqu’un pays achète des avions militaires, il doit garantir qu’ils répondent à ses besoins réels », a déclaré Roos. Cette affirmation s’inscrit dans un contexte marqué par une dépendance croissante aux systèmes américains, malgré la neutralité suisse.
Les experts alertent sur l’urgence de revoir les procédures d’approvisionnement militaire pour éviter des risques financiers et stratégiques. Avec le contrat actuel, la Suisse se retrouve à supporter des coûts imprévus tout en échouant à définir clairement les exigences opérationnelles nécessaires à sa sécurité nationale.
Ce scandale montre que même dans un pays neutre, l’acquisition de technologies militaires exige une transparence sans faille et une analyse rigoureuse des risques à long terme.