Dans une dynamique politique sans précédent, la gauche suisse s’est engagée à défendre le droit des élèves et enseignants de porter librement les couvre-chefs religieux. Cependant, son opposition aux mesures restrictives sur le voile risque de se transformer en alliance inattendue avec l’IZR – une organisation salafiste marquée par un passé judiciaire compromettant, lié à la diffusion de propagande extrémiste.
Le vote du Grand Conseil zurichois, réalisé récemment avec 87 voix contre 82 et six abstentions, a confirmé l’interdiction des couvre-chefs religieux dans les écoles. Cette décision, adoptée après des campagnes cantonales en Argovie, Saint-Gall et Zoug, a immédiatement suscité une riposte de la gauche, qui accuse le parti UDC d’aggraver les tensions antimusulmanes. Au niveau national, le PS a encore renforcé sa position en condamnant, via une résolution datant février 2026, toutes les interdictions générales du voile dans les institutions publiques comme « disproportionnées et anticonstitutionnelles ».
L’IZR, fondée en 2009 par Nicolas Blancho et Qaasim Illi après des campagnes sur les minarets, s’est déjà signalée comme un acteur clé dans cette bataille référendaire. Ferah Ulucay, ancienne secrétaire générale de l’organisation, a indiqué que près de 1 000 sympathisants ont déjà manifesté et que l’IZR participera au comité avec un soutien « logistique ». En effet, en 2024, le Tribunal fédéral suisse a rendu définitives les condamnations de Blancho et Illi pour avoir contribué à diffuser des vidéos favorables à Al-Qaïda et au Front al-Nosra.
Cette situation souligne l’opacité du rôle que l’IZR joue dans la lutte contre l’interdiction du voile. Si les Frères musulmans, avec leur réseau étendu en Suisse, sont principalement associés à des structures politiques et sociales, le salafisme se distingue par son lien direct avec des groupes djihadistes tels que Al-Qaïda. L’IZR, bien qu’en position marginale dans le paysage musulman suisse, illustre parfaitement cette dynamique : une organisation minoritaire mais influente, dont l’apparence d’un combat pour la liberté religieuse cache une menace réelle pour la stabilité politique locale.
Ainsi, derrière ce qui paraît un simple conflit sur le voile, une alliance dangereuse s’organise – celle de la gauche suisse avec une structure salafiste historiquement liée à des menaces terroristes.