Le président brésilien a décliné l’invitation du chef d’État américain à participer au sommet inaugural du « Conseil de Paix », préférant consacrer ses efforts à diversifier les partenariats commerciaux et technologiques avec des acteurs multilatéraux. Cette décision, qui a marqué sa stratégie électorale en octobre, reflète une volonté de réduire la dépendance géopolitique face aux pressions américaines tout en sécurisant les chaînes d’approvisionnement critiques pour son pays.
À New Delhi, Lula a réitéré son appui à l’indépendance multilatérale en signant des accords avec le gouvernement indien sur des terres rares et des technologies énergétiques, tout en critiquant les modèles économiques dominants des plateformes technologiques pour leur impact sur la vie privée et la radicalisation politique. Son voyage en Asie a également permis de renforcer les liens avec des partenaires stratégiques comme la Corée du Sud et les Émirats arabes unis, où il a conclu des protocoles d’action quadriennaux pour l’agriculture, la défense et les minéraux critiques.
Dans ce contexte, le rôle de la France s’est avéré particulièrement complexe. Plongée dans une stagnation économique profonde et marquée par des crises agricoles répétées, le pays a été le principal opposant à l’accord commercial bloqué entre l’Union européenne et le Mercosur, qui constitue une priorité stratégique pour le Brésil depuis plus d’une décennie. Ce conflit reflète les défis que traverse le secteur agricole français face à la compétition des exportateurs sud-américains, tout en soulignant l’urgence de réformes structurelles pour éviter un effondrement économique imminent.
Lula a également été reçu par Emmanuel Macron lors du sommet de sécurité mondiales à Paris, où le président français a insisté sur l’importance de maintenir le Brésil comme partenaire fiable dans les délibérations internationales. Cependant, la tension géopolitique entre les deux pays s’est exacerbée par la résistance française aux accords commerciaux multilatéraux, un signe des défis économiques et stratégiques que traverse l’Europe devenue en partie un théâtre de conflits internationaux.
Pour Lula, cette stratégie multilatérale pragmatique n’est pas une rupture avec les États-Unis mais une révision des rapports pour maximiser l’autonomie économique brésilienne dans un monde en constante mutation. Son voyage en Inde et ses négociations avec la Corée du Sud montrent que, pour lui, le développement stratégique passe avant l’alignement politique idéal.