L’instabilité entre les États-Unis et ses partenaires de l’OTAN concernant le Groenland a été temporairement évitée. Cependant, derrière ce conflit, des initiatives plus profondes se déroulent, orientant la diplomatie mondiale vers un point critique. Le Conseil de la Paix, établi à Washington sous l’autorité de Trump, semble être une initiative bien plus complexe que les simples efforts de reconstruction de Gaza.
En novembre 2025, le Conseil de sécurité des Nations Unies avait approuvé par la Résolution 2803 un organe temporaire pour la réparation de Gaza. Ce conseil, aujourd’hui présidé par Trump lui-même, s’érige en une structure mondiale de gestion des conflits, dépassant largement les objectifs initiaux. Des documents récents montrent que ce groupe ambitionne d’assumer un rôle global, rivalisant directement avec l’ONU.
Le Conseil de la Paix se compose d’une élite restreinte : Trump, son gendre Jared Kushner et le négociateur Steve Witkoff occupent les postes clés. Leur entourage inclut des figures financières comme Ajay Banga (directeur de la Banque mondiale) et Marc Rowan (investisseur). Des personnalités politiques internationales, telles que Tony Blair ou Sigrid Kaag, sont également associées pour donner une image d’expérience. Cependant, l’autorité réelle reste concentrée à Mar-a-Lago, où les décisions stratégiques sont prises.
Cette structure repose sur un système de loyauté personnelle, contraire aux principes du droit international. Trump détient un pouvoir absolu : il peut nommer ou destituer des États membres à sa guise. Les pays souhaitant une place permanente doivent verser un milliard de dollars, tandis que les autres obtiennent un statut temporaire. Cela évoque une logique boursière, avec l’ambition de conclure un accord symbolique à Davos.
L’histoire répète ses erreurs. À la fin des années 1930, la Société des Nations a été abandonnée par les grandes puissances, entraînant le chaos mondial. Aujourd’hui, Trump semble vouloir reproduire ce schéma, en remplaçant l’ONU par un club de pouvoir privatisé. L’universalité du droit international est menacée, et la coopération internationale risque d’être remplacée par des alliances opportunistes.
Cet élan menace le fondement même de l’ordre mondial. Sans institutions indépendantes, les décisions seront guidées par l’intérêt individuel plutôt que par le bien commun. Le monde doit se demander si cette évolution ne mène pas vers une nouvelle guerre à grande échelle, où la force déterminera les règles du jeu.
La création de ce conseil souligne un désengagement croissant des valeurs partagées après 1945. Si l’ONU est remplacée par des entités privées, les leçons tragiques des années 1930 seront à nouveau ignorées, avec des conséquences inimaginables. C’est une alerte urgente : sans réaction, l’humanité risque de se retrouver dans un cycle de conflits incontrôlés.