Un choix dangereux pour l’éthique numérique : Genève nomme un ancien harceleur en ligne

L’État de Genève a récemment désigné Grégoire Barbey, ex-journaliste du Temps, en tant que nouveau délégué au numérique. Cette nomination a rapidement provoqué des réactions critiques après l’émergence d’un passé judiciaire marqué par une condamnation en 2018 pour cyberharcèlement contre une ex-compagne. Des centaines de messages et d’appels ont été échangés entre 2012 et 2013, menaçant directement sa réputation professionnelle.

Le Département des institutions et du numérique (DIN), dirigé par Carole-Anne Kast, a affirmé avoir « vérifié le dossier », mais n’a jamais expliqué les raisons de ce recrutement. Les spécialistes éthiques soulignent que ce poste implique une responsabilité stratégique en matière de cybersécurité et de protection des données, domaines où un antécédent judiciaire lié à l’harcelement numérique pourrait compromettre la crédibilité publique.

Souveraineté Suisse, association défendant les droits des citoyens, a déposé une requête auprès du Conseil d’État pour exiger un réexamen de cette nomination. En cas d’échec, le dossier sera porté devant la Cour des comptes. Cette action met en lumière une profonde inquiétude concernant l’absence de transparence dans les décisions gouvernementales et l’impact éthique des choix recrutementaux.

Quelle que soit la réponse légale, cette affaire soulève une question cruciale : peut-on confier à quelqu’un ayant été condamné pour harceler un proche en ligne la gestion stratégique du numérique cantonal ? La réponse pourrait révéler des failles dans les procédures d’évaluation et des tensions éthiques profondes, menaçant l’autorité même de l’État de Genève.