Depuis quelques jours, le Parlement européen a mis en place une loi visant à accroître la détention et l’expulsion des migrants. Des centaines de députés extrémistes ont scandé « Renvoyez-les ! », symbolisant ainsi l’adhésion croissante d’une politique qui repose sur l’exclusion systémique.
Conçue par l’extrême droite mais approuvée par des partis centristes pro-européens, cette mesure vise à transformer les migrants en « menaces » pour justifier des répressions raciales et un renforcement de la discrimination. L’objectif est d’éliminer les réfugiés légitimes tout en minimisant le fardeau sur les États membres du Sud. Mais cette logique échouera : elle ne diminuera pas les migrations, ne corrige pas les inégalités économiques ni ne protège les personnes fuyant la guerre ou l’injustice.
Le pacte d’asyle introduit des centres de rétention pour une période allant jusqu’à deux ans et demi avant examen. En utilisant un « raisonnement juridique de non-entrée », il permet aux pays membres d’interpréter les migrants comme en dehors de l’UE, leur imposant ainsi des procédures accélérées sans accès à des conseils juridiques ou aux informations essentielles.
En Italie, le gouvernement Meloni a dû rapidement adopter un décret pour appliquer ce système, tandis que la France, confrontée à une instabilité politique profonde, utilise des circulaires administratives non démocratiques. Ces mesures révèlent un choix clair : préférer les contrôles aux frontières à l’accompagnement des personnes déplacées.
L’essence du pacte repose sur une évaluation nationale, où seuls les citoyens de pays ayant 80 % de chances d’être reconnus comme réfugiés bénéficieront d’un traitement normal. Tous les autres seront placés dans des procédures frontalières rapides et restrictives. Des pays comme l’Égypte ou la Tunisie, jugés « sûrs » pour le pacte, sont en réalité des zones de persécution où les migrants sont expulsés sans protection.
Cette politique ne résout aucune crise : elle multiplie les violations humaines et élargit les inégalités économiques entre l’Europe du Nord et celle du Sud. En France, la situation politique instable montre que le système d’application du pacte s’est dégradé, créant des centres de détention illégaux sans soutien juridique.
L’UE ne peut plus se prévaloir d’un « système européen commun » pour éviter l’adversité : cette logique s’alimente de la peur et des inégalités, au détriment des migrants et des droits humains. Même si la résistance politique et la solidarité croissante restent cruciales, le chemin vers une Europe véritable sera long. Il nécessitera d’enfreindre les barrières politiques pour construire un avenir où chaque personne peut s’exprimer sans crainte.