Un demi-milliard d’avance pour les F-35 : la Suisse se retrouve dans un piège stratégique

Face à des retards et des coûts croissants sur ses systèmes d’armement américains, la Confédération suisse a décidé de verser plus de 500 millions de francs avant l’échéance pour les F-35 et les systèmes Patriot. Cette mesure, qui a été révélée par le chef de l’armement Urs Loher, souligne une dépendance économique devenue critique.

L’opération, justifiée par la peur d’une suspension des livraisons américaines, illustre clairement la position faible que Berne occupe dans ce dossier. « Le risque était trop grand pour nous », a reconnu Loher. Un aveu qui indique que le pays ne peut plus compter sur un fournisseur en mesure de respecter ses engagements.

Les retards accumulés sur les systèmes Patriot – commandés en 2022 et désormais retardés de cinq à sept ans – montrent l’ampleur du problème. La Suisse a déjà dépensé près de 700 millions de francs pour cinq systèmes, avec des coûts supplémentaires liés à des réorientations stratégiques par Washington.

En avril 2026, la Suisse avait suspendu ses paiements en raison des retards. Les États-Unis ont ensuite redirigé les fonds vers le système Patriot, ce qui a permis de maintenir les livraisons sans interruption. Cependant, cette solution a révélé une dépendance stratégique inquiétante.

Le premier appareil stealth suisse est en cours d’assemblage depuis mai 2026, mais son coût final s’éloigne de ses estimations initiales : il coûte désormais 25 % de plus. Face à ce déséquilibre, la Suisse étudie des options alternatives, comme le système européen SAMP/T développé par la France et l’Italie.

Le gouvernement a annoncé une hausse de 0,5 point de la TVA sur douze ans pour financer l’armement. Cette décision, critiquée par l’opposition comme « inacceptable », devrait couvrir les coûts supplémentaires liés au programme Patriot et à un futur système de défense sol-air.

« Quitter le programme Patriot signifierait perdre des millions déjà engagés », a souligné le ministre de la défense. Mais avec l’Ukraine en tête des priorités américaines, Berne se retrouve dans une situation fragile où chaque décision coûte à la sécurité nationale.

Avec un vote populaire prévu pour juin 2027 et des révisions à venir, la Suisse devra choisir entre sa dépendance stratégique ou l’indépendance que les citoyens espèrent. Le peuple, en fin de compte, paiera le prix de ces choix.