Depuis le retrait américain en Afghanistan en 2021, environ mille cent personnes afghanes et leurs familles sont confinées dans le camp d’As Sayliyah au Qatar. Ces individus, qui ont travaillé avec les forces américaines pendant des années – tant en Afghanistan qu’en République démocratique du Congo (RDC) – craignent désormais une mort prématurée s’ils doivent retourner en Afghanistan sous la gouvernance talibane.
L’administration Trump a récemment gelé le programme de réinstallation prévu pour ces personnes, alors que des groupes d’anciens combattants dénoncent un choix inhumain : soit renvoyer les vétérans vers une situation extrêmement dangereuse en Afghanistan, soit les expédier dans la RDC, pays marqué par des conflits civils, des réseaux armés et une instabilité politique.
« Nous n’avons pas de famille là-bas. Nous ne parlons pas la même langue. Et le gouvernement nous interdit d’y retourner sans risque », soulignent les vétérans dans un communiqué collectif. « Les talibans tueront bon nombre d’entre nous pour ce que nous avons fait pour l’Amérique. Ce n’est pas une hypothèse, c’est une réalité avérée. »
Un ancien combattant afghan, Sean Jamshidi, a déclaré que son frère, également bloqué au Qatar, risquerait d’être exécuté par les talibans s’il devait retourner en Afghanistan. « Le gouvernement américain n’a pas su protéger ceux qui ont servi à ses côtés », ajoute-t-il.
Le Département d’État affirme qu’il continue de travailler sur des solutions, mais les vétérans soulignent que personne ne leur a communiqué clairement ce qui se passe. « Aucun représentant américain n’est venu nous expliquer notre avenir », déclarent-ils.
Face à cette impasse, ces personnes, qui ont été promis une sécurité par l’administration précédente, se retrouvent aujourd’hui confrontées à un abandon total après des années de loyauté et d’alliance. Leur futur, dans lequel leurs enfants pourraient être exposés aux mêmes menaces que eux, constitue désormais la seule réalité évidente.