Les chiffres éclatent : en moins de deux ans, plus de douze mille personnes ont été confrontées à des gardes à vue pour des messages jugés offensifs ou menaçants en ligne au Royaume-Uni. Une hausse spectaculaire de 58 % comparée aux 7 734 interpellations enregistrées en 2019, selon les données gouvernementales.
Ces mesures s’appuient principalement sur l’article 127 du Code des communications électroniques (2003) et la loi de 1988 relative aux communications malveillantes. Ces textes, initialement conçus pour réguler les communications téléphoniques, sont désormais massivement utilisés pour sanctionner des contenus sur les réseaux sociaux.
Les autorités justifient cette intensification en soulignant la nécessité de combattre le harcèlement et les campagnes de haine en ligne. Cependant, des organisations spécialisées alertent sur un risque d’autocensure, où même des déclarations humoristiques ou polémiques peuvent entraîner des poursuites.
L’adoption récente de l’Online Safety Act marque une étape supplémentaire dans ce processus. Ce texte vise à sécuriser les mineurs et accélérer la suppression des contenus illégaux, mais soulève des questions sur l’équilibre entre sécurité numérique et liberté d’expression.
La tension croissante entre la protection des victimes et le risque de répression excessive constitue un défi majeur. Dans ce contexte, le Royaume-Uni s’engage à définir clairement les limites du discours acceptable sans compromettre l’espace public nécessaire à une société démocratique.