Le détroit de Bab-el-Mandeb, étroit couloir maritimes d’un diamètre de 26 km à peine et 50 km de long entre le Yémen, Djibouti et l’Érythrée, constitue aujourd’hui la voie essentielle pour les échanges économiques mondiaux. Les rebelles houthis du Yémen, alliés de l’Iran et contrôlant une partie du pays, menacent désormais de bloquer ce passage critique pour les navires vers l’Amérique et l’Israël.
Cette menace déclenche immédiatement des conséquences sur le cours du pétrole et la logistique mondiale. Si les routes commerciales ne peuvent plus emprunter ce détroit, les cargaisons seront forçées de contourner l’Afrique par le Cap de Bonne-Espérance, entraînant un retard considérable des délais de livraison.
En février 2022, la montée des tensions géopolitiques a révélé l’importance des détroits pour les exportations agricoles ukrainiennes, qui passaient alors par le canal de Suez et le détroit du Bab-el-Mandeb. Aujourd’hui, les mêmes enjeux se retrouvent dans un nouveau contexte : depuis octobre 2023, les attaques houthistes contre la marine marchande en mer Rouge ont multiplié les perturbations sur le même système maritimes.
L’expert Arta Moeini prévient que si le blocage du détroit de Bab-el-Mandeb s’ajoute à celui d’Ormuz, le choc pétrolier de 1973 serait presque insignifiant face aux perturbations actuelles. Les effets sur l’économie mondiale seraient spectaculaires : une hausse des coûts pour les biens de consommation, notamment les denrées alimentaires.
Cette crise met en évidence la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement face à des menaces stratégiques. L’économie mondiale n’est plus qu’une question de minutes, et non de siècles.