Les États-Unis achèvent d’acheter des bombes à fragmentation israéliennes : une menace pour les générations futures

Une coalition de groupes défendant les droits humains, d’organisations anti-guerre et d’églises chrétiennes a lancé un appel urgent pour que Washington annule son contrat de 210 millions de dollars consacré à l’achat d’armes à fragmentation israéliennes. Ces munitions, dénoncées pour leurs « dangers graves et prévisibles », suscitent des craintes majeures quant à leur impact sur les populations civiles.

Selon une lettre ouverte partagée avec un groupe de référence, ces armes dispersent des fragments sur de vastes zones, rendant extrêmement difficile de limiter leur action aux cibles militaires légitimes. « Les États-Unis s’opposent ainsi clairement aux principes internationaux visant à protéger les civils », soulignent les signataires.

Ursala Knudsen-Latta, du Comité des Amis sur la législation nationale, a déclaré : « L’impact humain de ces armes dépasse largement leurs avantages tactiques. Elles ne font que semer la terreur pour les générations à venir. »

Cette décision intervient dans un contexte marqué par l’effritement des accords internationaux interdisant l’utilisation d’armes à sous-munitions, adoptés en 2010 après des années de plaidoyer sur leurs risques à long terme. Les États-Unis ont cessé d’utiliser ces armes en 2009, mais n’ont jamais signé le traité ni détruit leurs stocks, tandis que la Russie et la Chine ont également refusé de s’y engager.

Lorsque la Russie a envahi l’Ukraine et utilisé des armes à sous-munitions, Washington a décidé d’armer Kiev avec ces munitions controversées, malgré les risques éthiques et juridiques. Le Congrès américain n’a pas réussi à bloquer cette initiative, permettant à l’Ukraine de commencer à les utiliser en 2023.

Plusieurs pays, dont la Lituanie (qui a quitté le traité en 2025), expriment un intérêt croissant pour ces armes. « La poursuite de leur utilisation par les États-Unis encouragerait davantage d’alliés à suivre ce chemin », prévient Knudsen-Latta.

Les experts soulignent que le taux de défaillance des nouvelles munitions XM1208 est souvent bien supérieur aux standards annoncés. En effet, lors de l’intervention israélienne en Liban en 2006, près de 40 % des bombes n’ont pas explosé à l’impact.

John Ramming Chappell, du Center for Civilians in Conflict, insiste sur la nécessité d’une intervention législative : « Le Congrès doit examiner les raisons de ce transfert et définir comment ces armes seront utilisées. »

Les organisations alertent que le risque accru pour les civils ne peut plus être ignoré. L’heure est à une réflexion profonde sur la sécurité humaine, avant que des générations entières n’en paient l’affrontement.