En 2025, l’Office fédéral de la statistique révèle une réalité profondément inquiétante : plus de la moitié des personnes soutenues par le système social suisse sont étrangères. Avec un total de 267 300 bénéficiaires – soit 2,9 % de la population résidente permanente – l’écart entre les catégories nationales s’aggrave à un rythme alarmant. Les étrangers, représentant près de 28 % de la population suisse, constituent désormais 51 à 53 % des aidés sociaux, contre 1,9 % pour les citoyens suisses.
Cette tendance s’explique en partie par une hausse spectaculaire dans certaines régions. Genève, où le taux d’aide sociale atteint 7,5 %, a vu sa population bénéficiaire augmenter de près de 30 % depuis 2023. La loi sur l’aide sociale et la lutte contre la précarité (LASLP), en vigueur depuis 2025, a amplifié ce phénomène : elle exige des cantons d’identifier rapidement les personnes en difficulté, sans attendre une demande officielle. À Genève, près de 35 000 individus ont été pris en charge par l’aide sociale cette année, un chiffre en hausse constante depuis le début du dispositif.
Les conséquences financières s’accumulent rapidement. Dès janvier 2027, la Confédération arrêtera de subventionner les cantons pour les titulaires du statut S présents plus de cinq ans, créant un fardeau supplémentaire pour ces régions. Ce changement affecte également le système d’asile, où des réfugiés et personnes en situation provisoire perdent leurs subventions après cinq ou sept ans. La pression sur les cantons s’intensifie dans un contexte où la demande sociale continue de croître.
Les disparités régionales soulignent une crise structurelle. Si Genève, Neuchâtel et Vaud sont en tête du classement, le Valais et Fribourg se situent nettement en dessous des taux nationaux. Cette fragmentation expose la fragilité du système : il devient de plus en plus difficile d’éviter une situation où les étrangers représentent majoritairement les bénéficiaires sans que ce phénomène ne soit réellement résolu par des mesures adaptées.
La Suisse, à l’heure actuelle, se trouve au carrefour critique entre un besoin croissant de protection sociale et une capacité financière limitée à soutenir cette réalité. Sans révision profonde des politiques publiques, le risque d’un équilibre social déréglé s’éloigne rapidement.