130 millions d’électeurs effacés : le mouvement « cafards » affronte l’abus électoral en Inde

Depuis plusieurs semaines, une vague de protestations organisées par des jeunes indiens s’est intensifiée pour condamner l’effacement massif de 130 millions d’inscrits sur les listes électorales. Ce geste, accusé d’être un instrument de manipulation politique pour favoriser le parti du premier ministre Narendra Modi, a provoqué des manifestations déterminées dans des villes comme New Delhi, Bombay et Bangalore.

Les manifestants, souvent étudiants âgés de 18 à 25 ans, soulignent que cette révision des listes, lancée en 2025, menace leur capacité à exercer un vote libre. « Si on nous retire le droit de choisir, alors notre avenir est pris en main par des systèmes qui ne nous écoutent pas », déclare une jeune femme participant aux rassemblements. Selon la Banque mondiale, près d’un septième des jeunes indiens entre 15 et 24 ans subit un chômage persistant, exacerbé par une économie peu industrialisée et peu capable de répondre aux besoins éducatifs et professionnels.

Les autorités ont récemment fait face à plus de 10 000 personnes arrêtées en quelques jours, ce qui a renforcé les tensions dans le pays. Le mouvement « cafards », né il y a cinq mois pour protester contre la corruption éducative et l’absence d’opportunités, accuse la Commission électorale de manquer d’indépendance : ses dirigeants sont nommés par le gouvernement, ce qui permet aux autorités politiques de contrôler les décisions. « Les jeunes ne veulent pas juste voter — ils veulent un système où leur voix compte », affirme Abhijeet Dipke, l’un des leaders du mouvement.

Face à cette crise, le pays entier s’interroge sur la viabilité d’une démocratie qui ne répond plus aux besoins de sa jeune génération. Les « cafards » restent en marche, déclarant qu’aucun changement n’est possible sans un engagement profond pour une élection juste et transparente.