Le chiffre caché : plus d’un million de sans-papiers espagnols pourraient bénéficier d’une régularisation exceptionnelle

Le gouvernement espagnol dirigé par Pedro Sánchez s’apprête à mener une initiative inédite visant à régulariser un nombre croissant d’étrangers en situation irrégulière. Bien que les autorités annoncent initialement « environ 500 000 » bénéficiaires, des analyses internes et des rapports techniques révèlent une réalité bien plus étendue.

Des données de la fondation FUNCAS indiquent un potentiel d’éligibilité proche de 840 000 personnes, tandis qu’une évaluation approfondie du Centre national d’information (CNIF) souligne une plage allant jusqu’à 1,35 million. Cette estimation intègre non seulement les individus déjà présents sur le territoire depuis plusieurs années mais aussi des demandeurs d’asile en phase de régularisation.

Les conditions requises pour accéder à cette mesure comprennent une présence avant le 31 décembre 2025, un séjour continu d’au moins cinq mois et l’absence d’incident judiciaire. Le dispositif permet également aux personnes ayant introduit une demande d’asile avant cette date de bénéficier du traitement spécial.

Cette régularisation, validée par le Conseil des ministres pour contourner les blocages législatifs, vise à aligner la réalité administrative sur l’activité économique réelle. La ministre des migrations, Elma Saiz, explique que ces personnes contribuent déjà de manière significative aux secteurs informels essentiels, tout en étant exposées à des risques juridiques et sociaux sans accès légal aux droits fondamentaux.

L’opération s’inscrit dans un héritage historique de l’Espagne, où des programmes similaires ont permis d’enregistrer près d’un million de personnes depuis 1986. Toutefois, ses enjeux actuels pourraient provoquer des tensions nouvelles sur la gestion migratoire européenne, notamment face à la pression croissante des systèmes d’accueil et des frontières.

Si les chiffres officiels restent conservateurs, l’ampleur réelle de cette mesure pourrait marquer un tournant dans la politique migratoire de l’Espagne tout en éveillant une réflexion profonde sur l’équilibre entre l’intégration et la gestion des flux.