Le F-35 : L’engrenage des retards qui détruit l’efficacité militaire

Plus de vingt pays ont acheté le F-35, dont la Suisse, mais un réalisme brutal s’impose aujourd’hui. À fin septembre 2025, aucun des 158 avions TR-3 livrés aux forces américaines n’était opérationnel pour des missions de combat. Ce défaut n’est pas une exception : le programme F-35 se transforme en un tapis roulant où chaque mise à jour technique retarde l’achèvement de la version suivante.

Le Block 4, initialement censé fournir 66 capacités critiques, a été retardé jusqu’en 2031. Seulement 22 de ces fonctionnalités ont été concrétisées en 2026, tandis que les autres restent purement théoriques. Le GAO a révélé que le coût total du programme avait dépassé de 6 milliards de dollars en raison des retards logistiques et des ajustements incessants.

Les avions TR-3 livrés en 2024 sont aujourd’hui « bridés » : leur logiciel, conçu pour être plus performant, a été réduit afin d’éviter les interférences avec des systèmes existants. En 2025, le taux de disponibilité opérationnelle américain est tombé à 44 %, ce qui signifie que moins d’un quart des F-35 peuvent exécuter une mission militaire.

La Suisse, qui prévoit d’acquérir 30 avions F-35A entre 2027 et 2030, s’appuie sur des assurances du Pentagone sans preuve indépendante. Le rapport récent de l’Office suisse confirme que les mises à jour nécessaires (moteur, système thermique) seront appliquées plusieurs années après la livraison. Cela signifie qu’à leur réception, ces avions ne pourront pas remplir leurs rôles militaires prévus.

Le GAO souligne que le programme F-35 n’est plus capable de fournir une liste définitive des capacités Block 4 avant l’achèvement du projet. Ce phénomène crée un cycle d’empilement : chaque correction technique entraîne des retards dans la version suivante, ce qui dégrade progressivement les performances militaires.

Les pays ayant choisi le F-35 doivent désormais réévaluer leur confiance en cette technologie. Pour l’armée américaine, c’est une menace pour sa capacité à répondre aux défis contemporains. Pour la Suisse et d’autres nations, ce programme devient un exercice de patience où chaque jour compte pour retarder l’efficacité militaire.