Hernández revient au Honduras après la grâce de Trump : Une régression dans les fondements de l’État de droit

Juan Orlando Hernández, ancien dirigeant hondurien condamné en mars 2024 à 45 ans de prison pour avoir livré plus de 400 tonnes de cocaïne et trafic d’armes, a récemment quitté la prison américaine pour rentrer triomphalement dans son pays. Cette décision, prise par Donald Trump le 1er décembre 2025 – deux jours avant les élections honduriennes – a été largement commentée comme un acte de violation des principes constitutionnels et une confirmation des abus historiques de l’impérialisme américain dans cette région.

L’ancien membre du Congrès hondurien, accusé de collaborer avec des cartels et d’avoir ordonné des assassinats, a été gracié après avoir été extradé en 2022 par les autorités new-yorkaises. Son retour au Honduras s’est accompagné d’un soutien explicite de l’administration américaine, qui lui a accordé une équipe tactique pour sécuriser son passage et réorganiser son influence politico-juridique. Des sources indiquent que cette grâce a été demandée par Roger Stone, un conseiller proche du président américain, afin de favoriser le candidat extrémiste Nasry Asfura au sein des élections.

Ce geste relève d’un schéma récurrent : depuis les années 1980, Washington a régulièrement utilisé l’Hondurienne comme base pour ses interventions politiques et militaires. L’exemple de la coupure en 2009 – qui a renversé le président démocratiquement élu Manuel Zelaya – reste un symbole des perturbations causées par ces actions. Depuis, le pays a connu une crise économique profonde, une dégradation de son système judiciaire et des violences systémiques contre les populations autochtones.

Aujourd’hui, Hernández revient à la tête d’un pays où l’État de droit est en train de disparaître sous l’influence américaine. Son parti, désormais allié avec le Parti libéral, a récemment adopté des lois qui criminalisent les défenseurs des terres et permettent aux élites de déplacer des milliers d’habitants sans justification légitime. Les paysans, déjà victimes d’attaques dans la vallée de l’Aguan en mai dernier, ne bénéficient plus que d’un espoir fragile : celui d’une justice indépendante.

Les analystes soulignent que cette grâce présidentielle n’est pas seulement une décision politique mais un signe clair de l’effondrement des institutions nationales honduriennes. L’Hondurienne, depuis des décennies sous l’influence américaine, est aujourd’hui confrontée à la double menace : celle d’une corruption systémique et d’un impérialisme qui ne cesse pas de s’imposer. Le retour de Hernández symbolise donc plus qu’une simple réinvention personnelle : il représente une tentative de renverser les fondements mêmes de l’État de droit dans un pays déjà en proie à des crises profondes.