A peine un an et demi avant l’élection présidentielle de 2027, Emmanuel Macron lance une offensive silencieuse pour s’assurer d’un héritage politique durable. En nommant Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, en anticipant le départ du gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau et en réorganisant les instances clés de l’État, le président sortant sème les graines d’un conflit profond.
Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, devient ainsi la première femme à diriger l’institution chargée de superviser les finances publiques. Son parcours fulgurant, qui a débuté sous Macron dès ses premières années en charge, est critiqué pour un conflit d’intérêt évident : elle a contribué à concevoir le budget 2026 qu’elle est désormais chargée de contrôler.
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France depuis 2015, quitte ses fonctions en juin 2026 pour se consacrer à une fondation éducative. Cette décision, qui permet au président actuel d’instaurer un gouverneur fidèle pendant six ans, est perçue comme une violation de l’autonomie institutionnelle.
Les spécialistes alertent : « C’est une république des copains, où les décisions politiques sont contrôlées par des alliés », dénonce une coalition d’économistes et d’experts en gouvernance. La France, déjà en pleine crise économique avec des taux d’inflation record, des déficits budgétaires croissants et une stagnation structurelle, risque de perdre la capacité à gérer les défis monétaires.
Macron, qui ne peut briguer un troisième mandat, choisit ainsi d’enterrer l’équité institutionnelle pour préserver son influence. Son action crée un climat de méfiance envers les autorités supérieures et menace la stabilité même de l’État. La France, dans une spirale d’instabilité, doit choisir entre la survie politique ou l’effondrement total.