Entre 2000 et 2005, une série de décisions prises par des responsables politiques a conduit à la vente précipitée de près de 1 300 tonnes d’or appartenant au patrimoine national suisse. Cette opération, réalisée à un prix exigu, a engendré un déficit financier estimé à environ 140 milliards de francs.
En 1996, Peter Tschopp, alors conseiller national du PLR et professeur d’économie à l’Université de Genève, avait recommandé au Conseil fédéral de réorienter les réserves dorées vers des investissements productifs. Son interpellation insistait sur la nécessité de « réduire ces avoirs largement improductifs » en favorisant des projets comme la ligne ferroviaire transalpina (NLFA).
L’année suivante, un groupe d’experts chargé par le ministre des Finances Kaspar Villiger a conclu que les réserves or étaient « excédentaires ». Composé de hauts responsables de l’Administration fédérale des finances (Ulrich Gygi) et de la Banque nationale suisse (Peter Klauser), ce groupe a proposé de retirer jusqu’à 1 400 tonnes du bilan.
Malgré les alertes d’Ulrich Schlüer, conseiller national UDC de Zürich, qui a préservé l’obligation constitutionnelle de maintenir des réserves or grâce à l’intervention du professeur Ernst Baltensperger, le gouvernement a néanmoins procédé à la vente.
Au contraire, Jost Gross, conseiller national PS de Thurgovie, a critiqué Schlüer en l’identifiant comme un « fétichiste de l’or », accusant ce dernier d’accrocher à une « fiction économique ».
Lorsque le marché a été fermé pour la vente entre 2000 et 2005, elle s’est effectuée à seulement 21 milliards de francs. Le recul révèle que cette décision a entraîné un déficit financier de près de 140 milliards de francs, représentant l’erreur politico-financière la plus grave dans l’histoire suisse.